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> De quelques classiques à lire (ou à re-lire...), Oeuvres et romans philosophicopolitiques
Ecrit le: Vendredi 13 Juin 2008 à 22h20 Posted since your last visit
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« 1984 » de George Orwell.

Ecrit en 1948 et publié dès l’année suivante, cet ouvrage décrit une Grande-Bretagne postérieure à une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest, censée avoir eu lieu dans les années 1950, où s'est instauré un régime totalitaire.
La liberté d'expression en tant que telle n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (le fameux « Big Brother is watching you ») grâce à un système de vidéosurveillance, le Télécran.
Ce roman devait s'appeler à l'origine 1949, l'année de sa parution, mais Orwell se vit opposer un refus de la part de son éditeur.
Il le renomma donc 1984, en inversant les chiffres correspondant à sa date d'écriture, et donna une dimension plus futuriste au récit afin qu'il choque moins ses contemporains.
En écrivant ce roman, le but de George Orwell était de lancer un avertissement contre le totalitarisme, et plus particulièrement de critiquer le stalinisme régnant alors en URSS.


« Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » de Maurice Joly.

Dans cet ouvrage publié en 1864, Machiavel et Montesquieu devisent aux enfers, et échangent quelques propos sur la politique moderne, et sur la façon la plus efficace pour quelques hommes politiques (toute considération morale mise à part) d’acquérir et de conserver indéfiniment le pouvoir, mettant des hommes de paille aux places clé de la société.
Montesquieu, conformément à son rôle historique, met l’accent sur la séparation des pouvoirs, l'État de droit, la souveraineté de la nation, mais Machiavel retourne à chaque fois ses arguments pour montrer comment ces notions peuvent être utilisées au service d'un homme (ou d’une organisation), manipulant toutes les composantes de la société.
C’est en fait une critique déguisée de la politique impériale, et plus spécialement de Napoléon III.

Bien sûr, nous ne vivons plus au temps de Napoléon III, ni de Staline, mais c’est sans importance puisque ce n’est pas la forme de ces ouvrages qui compte, mais leur message de fond :
l’analyse du Pouvoir (quel qu’il soit) et la façon dont il s’exerce sur les individus…
En cela, comme toutes les grandes œuvres, ces deux ouvrages sont intemporels, et indémodables dans leur réflexion.

Ainsi, au-delà de sa critique de l’empereur, Maurice Joly voyait aussi et surtout, dans la manipulation des milieux d’affaires, de la presse et de la population, un grave risque de servitude morale pour la totalité du peuple :
ainsi, soulignons-le bien, Maurice Joly ne retira aucune satisfaction du retour de la République après la chute de Napoléon III, car il constata que le remplacement de l’empereur par la République n’éloigne nullement les menaces de mainmise sur la société qu’il prévoyait.
Quant à « 1984 » d’Orwell, il est plus que jamais d’actualité, notamment à l’heure où la vidéosurveillance, le fichage (je n’ose parler de la généralisation de l’usage des RFID qui arrive…) sont omniprésents et où un slogan tel que « la paix, c’est la guerre » ne dépareillerait pas dans un discours de campagne made in USA…

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Ecrit le: Samedi 28 Juin 2008 à 21h30 Posted since your last visit
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L'ouvrage de Maurice Joly est disponible sur le Net, dans son intégralité, à ce lien :

http://fr.wikisource.org/wiki/Dialogue_aux..._et_Montesquieu

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